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Photo by Noom Peerapong - Unsplash.com

Ousmane Sembène is undoubtedly that great filmmaker who revolutionized African cinema. The rebellious and committed artist that he was even found himself in his productions brought to the small screen. However, his tortuous career did not predestine him to be the great director he became in the 1960s.

Born on January 1, 1923 in Ziguinchor, a region located in the south of Senegal, Ousmane Sembène grew up in a Lebou family who practiced fishing. At the age of 15, he left his native region for Dakar, the capital of French West Africa at the time. He was mobilized in the French army in 1942, became a Senegalese tirailleur and took part in the war in Niger, Chad, North Africa and Germany. In France, particularly in Marseille, he practiced several trades to earn a living: mason, car mechanic, docker, etc. Later, his passion for African literature was born. There was still the need to share his story.

It was in 1956 that Sembène began to write novels. But alongside this passion was that of another art, cinema, when he was 40 years old. Ousmane Sembène learned cinema as an autodidact, in Moscow, at the Studio Gorki. He thus became a film director and a writer. His very successful achievements make him a master of the seventh African art.

Achievements to denounce social injustices and human vices

In an Africa still under colonial domination and largely illiterate, Ousmane Sembène considered cinema to be the best way - even more effective than literature - of denouncing social injustices in a constructive way. Cinema has a wider audience than literature. The marriage between his artistic talent and his social and political commitment will help him excel in the painting of a conscious and rebellious Africa. In 1966, he directed his first feature film, “La noire de…” It is also the first feature film directed by an African and also the first award-winning film at a festival. Indeed this testifies to the success of this film. It describes the story of a Senegalese housekeeper employed by a French couple living in Dakar. When they return to France, she follows them to continue doing household chores. But when she arrives in France, she finds herself a prisoner in the apartment of the French couple. Faced with such disappointment, she bitterly regrets her choice and feels a sense of loss of identity. Through this film, Ousmane Sembène fights against the modern slavery of Blacks in France and their unjust submission to Whites. The very rapid success of the film brought him into the category of committed film directors. It was through the person of Ousmane Sembène that film professionals of the time began to realize that there were film talents in Africa. What could be more surprising for a self-taught filmmaker?

Georges Sadoul, a French film critic and historian wrote: “Thanks to Sembène Ousmane, the black continent has finally taken its place in the history of world cinema.” A remarkable testimony.

The productions of Sembène which followed this first film undoubtedly comforted the place of Africa in the cinema of which Sadoul spoke. His next feature film, "Le Mandat" or "Mandabi" in Wolof, he made in 1968, is a true masterpiece. It describes the disorientation of Senegalese society after independence characterized by corruption and greed. It is an authentic description: a Senegalese father, in the film represented by the famous actor Makhourédia Gueye, sees his life changed when his nephew, an immigrant in Paris, issues him a mandate. He will encounter all the injustice in the world without even succeeding in collecting his money. In short, Ousmane Sembène's films are fabulous frescoes of Senegalese and African society in general. This is undoubtedly what marked the revolution in African cinema.

An authentic and realistic cinematographic work

The remark is just obvious: Ousmane Sembène was not inspired by Western cinema to make films capable of opening the eyes of people in his community. He also states in an interview that he was not seeking, through his productions, to be understood by Europeans but by his society. Cinema being an essential art, Europeans still managed to understand the meaning of its films with the help of the French or English subtitles that Sembène had finally decided to include. The authenticity and realism of Sembène's films is indisputable. What could be more authentic and more realistic than a film inspired by the experience of a people and which represents the dynamics of evolution of a post-independence society that is Senegal? His first film released in 1962, a short film which describes the daily life of a carter, is even titled in Wolof, "Borom Sarret", as well as other films he made ("Taaw", "Ceddo", "Xala", etc). The characters as well as the themes evoked are realistic. Through these productions, African realities were clearly exposed. Through Sembène, we got to know Senegal and Africa better. This is how his films have succeeded in establishing themselves worldwide; African cinema was (is) no longer stranded. This is undoubtedly the reason why every year the world of African and world cinema still remembers his disappearance on June 9, 2007 in Dakar.

Filmography of Ousmane Sembene

Borom Sarret (1963), L’Empire songhaï (1963), Niaye (1964), La noire de… (1966), Mandabi (1968), Traumatisme de la femme face à la polygamie (1969), Taaw (1970), Emitaï (1971), L’Afrique aux olympiades, Basket africain aux J.O de Munich RFA (1972), Xala (1975), Ceddo (1977), Camp de Thiaroye (1987), Guelwaar (1992), Faat-Kiné, l’héroisme au quotidien (2000), Mooladé (2004)

February 2 . 5 min . by Serigne Filor Community story


Ousmane Sembène est sans doute ce grand cinéaste qui a révolutionné le cinéma africain. L’artiste révolté et engagé qu’il était se voyait jusque dans ses productions portées au petit écran. Pourtant, son tortueux parcours ne prédestinait pas le grand réalisateur qu’il est devenu à partir des années 60.

Né le 1er janvier 1923 à Ziguinchor, une région située au sud du Sénégal, Ousmane Sembène grandit dans une famille lébou qui pratiquait la pêche. A l’âge de 15 ans, il quitte sa région natale pour Dakar, la capitale de l’Afrique occidentale française de l’époque. Mobilisé au sein de l’armée française en 1942, il devint tirailleur sénégalais et participa à la guerre au Niger, au Tchad, en Afrique du Nord et en Allemagne. En France, particulièrement à Marseille, il pratiqua plusieurs métiers pour gagner sa vie : maçon, mécanicien automobile, docker, etc. Plus tard, sa passion pour la littérature africaine vit le jour. Il y avait tout de même la nécessité de partager son histoire.

C’est en 1956 que Sembène commençe à écrire des romans. Mais à côté de cette passion, se trouvait celle d’un autre art, le cinéma, alors qu’il avait 40 ans. Ousmane Sembène a appris le cinéma en autodidacte, à Moscou, au Studio Gorki. Il devint ainsi un réalisateur de films et un écrivain. Ses réalisations très réussies font de lui un maître du septième art africain.

Des réalisations pour dénoncer des injustices sociales et les vices humains

Dans une Afrique encore sous la domination coloniale et largement analphabétisée, Ousmane Sembène considérait le cinéma comme le meilleur moyen - encore plus efficace que la littérature - de dénoncer les injustices sociales de façon constructive. Le cinéma a en effet un public plus large que celui de la littérature. Le mariage entre son talent artistique et son engagement social et politique l’aidera à exceller dans la peinture d’une Afrique consciente et révoltée.

En 1966, il réalise son premier long-métrage, "La noire de…" C’est d’ailleurs le premier long-métrage réalisé par un Africain et aussi le premier film primé à un festival. Ceci témoigne en effet de la réussite de ce film. Il décrit l’histoire d’une femme ménagère sénégalaise employée par un couple français installé à Dakar. A leur retour en France, elle les suit pour continuer à effectuer les tâches ménagères. Mais arrivée en France, elle se retrouve prisonnière dans l’appartement du couple français. Devant une telle déception, elle regrette amèrement son choix et éprouve un sentiment de perte d’identité. A travers ce film, Ousmane Sembène lutte contre l’esclavage moderne des Noirs en France et leur soumission injuste aux Blancs. Le succès très vite qu’a connu le film le fit entrer dans la catégorie des réalisateurs engagés. C’est à travers la personne d’Ousmane Sembène que les professionnels du cinéma de l’époque commencèrent à réaliser qu’il y avait du talent cinématographique en Afrique. Quoi de plus étonnant pour un cinéaste autodidacte ?

Georges Sadoul, un critique et historien français du cinéma écrit : « Grâce à Sembène Ousmane, le continent noir a pris enfin sa place dans l’histoire du cinéma mondial. » Un témoignage marquant.

Les productions de Sembène qui ont suivi ce premier film ont sans doute réconforté la place de l’Afrique dans le cinéma dont parlait Sadoul. Son long métrage suivant, "Le Mandat" ou "Mandabi" en wolof, réalisé en 1968, est un véritable chef-d’œuvre. Il décrit le dépaysement de la société sénégalaise après l’indépendance caractérisée par la corruption et la cupidité. C’est une description authentique : un père de famille sénégalais, dans le film représenté par le célèbre acteur Makhourédia Gueye, voit sa vie basculer lorsque son neveu immigré à Paris lui émet un mandat. Il rencontrera toute l’injustice du monde sans même réussir à percevoir son argent. Bref, les films d’Ousmane Sembène sont des fresques fabuleuses de la société sénégalaise et africaine en général. C’est sans doute ce qui a marqué la révolution du cinéma africain.

Une œuvre cinématographique authentique et réaliste

La remarque est juste évidente : Ousmane Sembène ne s’inspirait pas du cinéma occidental pour réaliser des films capables d’ouvrir les yeux des gens de sa communauté. Il affirme d’ailleurs dans une interview qu’il ne cherchait pas, à travers ses productions, à se faire comprendre par les européens mais par sa société. Le cinéma étant un art incontournable, les européens parvenaient quand même à comprendre le sens de ses films avec l’aide des sous-titrages en français ou en anglais que Sembène avait décidé finalement d’inclure. L’authenticité et le réalisme des films de Sembène est incontestable. Quoi de plus authentique et de plus réaliste qu’un film inspiré du vécu d’un peuple et qui représente la dynamique d’évolution d’une société postindépendance qu’est le Sénégal ? Son premier film sorti en 1963, un court métrage qui décrit le quotidien d’un charretier, est même titré en wolof, "Borom Sarret", ainsi que d’autres films qu’il a réalisés ("Taaw", "Ceddo", "Xala", etc). Les personnages autant que les thèmes évoqués sont réalistes. A travers ces productions, les réalités africaines étaient clairement exposées. Par le biais de Sembène, on apprenait à mieux connaître le Sénégal, l’Afrique. C’est ainsi que ses films ont réussi à s’imposer mondialement ; le cinéma africain n’était (n’est) alors plus mis en rade. C’est sans doute la raison pour laquelle chaque année le monde du cinéma africain et mondial se souvient encore de sa disparition le 9 juin 2007 à Dakar.

Filmographie d’Ousmane Sembène

Borom Sarret (1963), L’Empire songhaï (1963), Niaye (1964), La noire de… (1966), Mandabi (1968), Traumatisme de la femme face à la polygamie (1969), Taaw (1970), Emitaï (1971), L’Afrique aux olympiades, Basket africain aux J.O de Munich RFA (1972), Xala (1975), Ceddo (1977), Camp de Thiaroye (1987), Guelwaar (1992), Faat-Kiné, l’héroisme au quotidien (2000), Mooladé (2004)


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